La signature de la Charte de l’accompagnant aux urgences, le 19 mai dernier, lors du salon SantExpo, érige en principe la possibilité pour toute personne se rendant aux urgences d’être accompagnée par la personne de son choix. C’est une victoire ! Il faut désormais promouvoir cette charte auprès des usagers et des professionnels hospitaliers.

En la présence de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, l’ensemble des signataires se sont engagés à promouvoir et appliquer cette charte. Parmi eux, les représentants des urgentistes, des fédérations hospitalières publiques et privées, et des usagers avec France Assos Santé et le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH).

Le rôle des représentants des usagers (RU) dans l’application de cette charte est essentiel. En tant que RU en Commission des usagers (CDU) d’établissements dotés d’un service d’urgences, vous pouvez par exemple mettre un point à l’ordre du jour de la prochaine CDU pour planifier le déploiement de la charte via des affichages, mais également une promotion auprès du personnel de l’établissement. Vous pouvez aussi coconstruire l’évaluation de sa mise en œuvre et de son impact concret, via le recueil de l’expérience patient à la sortie des urgences, auprès des personnes hospitalisées, ou encore l’observation en salle d’attente si l’établissement l’autorise. Ce ne sont que des pistes, il existe plein d’autres moyens à réfléchir avec votre CDU et à adapter au contexte et problématiques de votre établissement de santé.

Et, en cas de limitation de l’accès aux accompagnants pour des motifs légitimes, vous pouvez contribuer à chercher des solutions autres que restreindre la présence des accompagnants.

A l’origine de la création de cette charte, un constat : de plus en plus d’hôpitaux limitent l’accès des accompagnants aux urgences depuis la crise COVID, période durant laquelle les hôpitaux ont dû largement fermer l’accès aux accompagnants. Les principaux arguments avancés pour justifier ces limitations : contrer les violences aux urgences (sans toutefois présenter de chiffre à l’appui), ou encore réguler l’afflux de personnes dans des locaux jugés trop exigus.

A titre d’illustration, dans les Hauts-de-France – comme dans une majorité des territoires – il a été massivement communiqué sur les fermetures des établissements aux accompagnants en raison de la pandémie. En revanche, l’information de la réouverture post crise a été peu diffusée et plusieurs établissements ont maintenu une politique très restrictive à ce sujet au motif de protéger le patient… qui n’en avait plus besoin post crise. On observe même que de plus en plus d’hôpitaux pratiquent, voire inscrivent dans leur règlement intérieur, des limitations à l’accès aux accompagnants. Au point que la possibilité d’accès devient l’exception réservée à certaines personnes (enfants, personnes en situation de handicap, etc.). En outre, ce sujet est remonté dans de nombreuses plaintes et réclamations. Par ailleurs les représentants des usagers des établissements concernés ne sont parfois informés qu’a postériori de l’évolution de la politique de leur établissement de santé en la matière.

A la demande de France Assos Santé notamment, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) du ministère de la santé s’est saisie de ce sujet et a mis en place un groupe de travail en 2025, impliquant les signataires précités et les ARS pour élaborer une charte encadrant la possibilité d’être accompagné aux urgences. A cette occasion, nous avons défendu le fait d’ériger en principe la possibilité pour toute personne se rendant aux urgences d’être accompagnée par la personne de son choix (pas seulement la personne de confiance, qui n’est pas forcément là au moment concerné). Nous avons pour cela souligné les avantages de la présence d’un accompagnant sur la réduction de l’anxiété du patient et l’aide apportée aux personnes fragilisées, qui pouvait faciliter la gestion de l’attente et parfois le travail des soignants. Nous avons également attiré l’attention sur l’importance d’informer les représentants des usagers et de les impliquer dans l’information des usagers.

Victoire : la possibilité pour tous de se faire accompagner est bien reconnue comme principe et, même si cette charte est juridiquement non contraignante, elle est portée par la DGOS et les Fédérations hospitalières signataires se sont engagées à la faire appliquer.

Représentants des usagers, cette charte est un outil parmi d’autres, dont la valeur ajoutée passe par son déploiement effectif. Vous avez un rôle important à jouer pour y contribuer !

 

 

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