Les portraits qui vont vous être proposés en suivant prouvent, indépendamment de leur parcours personnels, tout l’intérêt et la force du collectif lorsque l’on est désigné représentant des usagers dans un établissement sanitaire.

Trois Représentants des Usagers qui apprécient de se retrouver pour mener à bien leur mission ; une qualiticienne, une référente relation avec les usagers qui collaborent. Un équilibre qui n’est pas toujours aisé, mais qui se construit !

 

La parole de Francis, fraîchement désigné représentant des usagers au Centre Hospitalier de Castelluccio

Quand, il m’a été demandé de vous présenter mon parcours dans le domaine de la vie associative, je l’avoue, une gêne s’est installée en moi sans crier garde.

Pourquoi ? Parce que je n’aime pas faire état de ma situation surement par pudeur, mais également dès lors qu’on énumère les multiples responsabilités qui m’ont été confiées pendant ces différentes périodes, tout cela de prime abord pourrait se comparer d’une manière futile à une classification élogieuse voire présomptueuse. Alors, permettez-moi de vous proposer un autre regard. Eh oui, le jeunot (âgé aujourd’hui de 75 ans) va tenter de répondre à cette sollicitation en ne perdant pas de vue qu’il ne faut pas vous ennuyer par une lecture redondante. Pendant mon activité professionnelle, rien de très lumineux, j’ai effectué mon métier dans le secteur de la comptabilité dans une grande entreprise à Ajaccio. Un peu comme le poinçonneur des lilas, au quotidien je peux dire : j’ajoutais – je retranchais des sommes à l’infini, et, de temps en temps inversement pour tenter d’y apporter un peu d’harmonie, question de s’évader. Une cadence rythmée par les doutes – les espoirs – une perspective à tenter de vivre d’une manière utile. Donc très vite ce constat m’a conduit à effectuer des démarches bénévoles dans plusieurs organisations humanitaires. Les toutes premières ont trouvé un écho pérenne dans l’univers des solidarités et de la pauvreté, tel : le Secours Catholique – Le Comité Catholique pour la Faim et le Développement – la Coordination de la Lutte contre l’Exclusion, aujourd’hui encore la Fraternité du Partage ; et, en poursuivant cette recherche dans le domaine de la Santé par : un bref passage à la Croix Rouge Française (secouriste), animateur de la commission santé-solidarité de la CCAS de Corse (Comité d’entreprise d’EDF-GDF), la Fédération Française pour le Don de Sang Bénévole. C’est donc sur ce dernier mouvement que je vais modestement m’attarder, non pas qu’il soit plus important que les autres, mais tout simplement parce qu’il occupe encore (depuis plus de maintenant 50 ans) une présence permanente dans ma réflexion intime. Autrement dit, c’est la joie de participer à l’écriture de l’histoire de cette Fédération dans les différents niveaux de sa pyramide, qu’ils soient : local – Départemental – Régional – National, mais aussi International. Voilà en conclusion ce que je peux succinctement détailler sur cette présentation, non pas pour me décharger rapidement, mais parce que je considère, et cela est mon credo à savoir : on ne s’engage pas dans une structure associative pour valoriser une carte de visite. C’est par des échanges constructifs, respectueux du vécu de chaque personne, animé par un esprit fédérateur qu’on peut apporter sa contribution à l’équilibre d’une société authentique sans oublier la plus humaine. Toutes les autres considérations à mon avis relèvent d’une sémantique administrative, qui ne méritent pas qu’on s’y attarde.

 

Le témoignage d’Hélène, 67 ans, désignée représentante des usagers en novembre 2025, juste après son départ à la retraite.

Infirmière puis cadre de santé formatrice pendant quarante-six ans, référente des cours de Psychiatrie, législation et droits des patients, démocratie en santé pour les étudiants infirmiers. J’ai toujours eu à cœur d’insister sur l’importance pour le personnel infirmier et aide-soignant de défendre les droits des patients et de les faire respecter. J’ai aussi œuvré en tant que membre de l’Association des spondylarthrites et de l’Association de la bibliothèque des malades du Centre Hospitalier Général de la Miséricorde. En tant que R.U, nous avons un rôle d’observateur afin d’identifier les éventuels points d’amélioration. Nous sommes des interlocuteurs auprès des usagers afin de recueillir leurs retours d’expérience et leurs motifs d’insatisfaction ou au contraire de satisfaction. L’existence des R.U n’est pas toujours bien connue des usagers. Nous aurons à cœur de les faire connaître dans cet établissement. Je considère que j’ai beaucoup de chance de travailler avec les deux R.U Francis et Babette qui œuvrent avec moi au Centre Hospitalier de Castelluccio. Nous avons réussi à trouver une « vitesse de croisière » et un mode de fonctionnement bien organisé pour arriver à prendre connaissance des différentes problématiques de l’établissement, à en comprendre le fonctionnement ainsi que les liens avec les différentes instances du territoire. Nous mettons en commun nos capacités et compétences. Nous nous appuyons sur la maîtrise du milieu associatif de Francis, l’exercice du mandat de R.U de Babette depuis plusieurs années et ma connaissance professionnelle du personnel et des rouages du CH de Castelluccio. Nous bénéficions aussi de l’aide précieuse et motivée de la personne en charge des relations avec es usagers Corinne et de la qualiticienne Barbara ainsi que de l’appui du directeur de l’Hôpital.

 

Mais aussi la voix de Babette

D’aussi loin que je me souvienne, le milieu associatif faisait partie de mon paysage. Au fil du temps je n’ai pas quitté cet univers et au contraire m’y suis enracinée. Dans l’exercice de mon métier d’enseignante, je me suis engagée dans des structures d’accompagnement, d’éducation, de soutien, en direction des enfants et des adolescents. Il y a une dizaine d’années, touchée par un cancer et déjà très sensibilisée à cette pathologie, c’est presque instinctivement que je me suis engagée comme bénévole au sein du Comité de la Corse-du-Sud de la Ligue Contre le Cancer. J’ai découvert un monde nouveau pour moi, celui de la santé, de l’accompagnement des malades, du soutien aux familles. C’est dans cette continuité qu’en 2019, j’ai choisi de m’engager en tant que R.U en Établissement de Santé. Je ne suis plus dans l’accompagnement individuel, mais dans une forme d’engagement collectif, structurel avec en ligne de mire l’importance de l’écoute, de la dignité, de l’humanité dans les soins, et le lien entre deux mondes qui peinent parfois à se comprendre, celui des soignants et des soignés. Renommée début novembre 2025, R.U au Centre Hospitalier de Castelluccio, j’y commence mon 3e mandat aux côtés d’Hélène et de Francis. Dès le 20 novembre, Corinne (PCRU) nous invitait pour une première prise de contact, et la volonté de collaboration, de partage nous a paru évidente. Volonté qui s’est très vite concrétisée par notre participation à différentes actions et/ou décisions. Notre mode de fonctionnement s’est mis en place rapidement et de manière naturelle ; nos échanges sont fréquents, alimentés par nos connaissances, nos préférences, mais aussi par les éléments, les éclairages que nous apportent Corinne, en charge de relations avec les usagers (PCRU), et Barbara, responsable Qualité, les professionnels de l’établissement en fonction des problématiques et les membres de la CDU. Nos mandats de R.U au Centre Hospitalier de Castelluccio sont lancés et bien lancés !

 

Qu’en pense Corinne, personne en charge des relations avec les usagers (PCRU) ?

En tant que responsable de la relation avec les usagers au sein d’un établissement de santé spécialisé en psychiatrie et gériatrie, une partie de mon rôle consiste à favoriser un dialogue constructif entre les équipes professionnelles, les usagers de l’établissement et les représentants des usagers, afin de rendre effective la démocratie en santé et la participation des usagers dans l’établissement.

Au nombre de quatre et nouvellement désignés, nous souhaitons qu’ils deviennent des acteurs clés de notre démarche d’amélioration de la qualité de notre offre de soins. Babeth, Hélène et Francis démontrent une réelle volonté de participation active, d’ailleurs Francis, appuyé par ses « collègues » n’a pas hésité pour son premier mandat de représentant des usagers à se présenter à l’élection du Président de la commission des usagers et d’être élu.

Depuis peu, lors de chaque commission, un représentant des usagers est désigné co-secrétaire de séance et rédige avec la personne en charge des relations avec les usagers le compte rendu ; Ils sont également intégrés au groupe d’avis des règlements de fonctionnement des unités de soins, et actuellement nous travaillons à la définition du prochain projet des usagers 2026-2030 ; à la préparation de la prochaine visite de certification HAS et à l’élaboration du prochain livret d’accueil de la personne hospitalisée..

Aujourd’hui, notre travail commun, appuyé et renforcé par la coordonnatrice qualité de l’établissement, est enrichi du parcours associatif et de l’expertise de nos représentants des usagers qui apportent une dimension essentielle à notre collaboration.

Ensemble, nous travaillons à créer un environnement bienveillant, transparent et propice à l’expression des besoins des usagers. Cette collaboration fructueuse et l’implication de chacun sont fondamentales pour améliorer la qualité des soins que nous offrons et pour construire un véritable partenariat au service des usagers.

 

L’expression naturelle d’un travail à la fois pragmatique, cohérent et efficace – en somme une force de propositions 

Il faut en convenir les représentants des usagers désignés par l’ARS viennent d’horizons multiples. La notion de partager est une forte volonté qui stimule cette collaboration originale. Le souci de faire vivre la démocratie en santé dans les meilleures dispositions prend à ce propos tout son sens.

La mise en place récente de la C.D.U en ce début de mandature si besoin, témoigne l’exigence d’engager un véritable dialogue entre et avec tous les acteurs concernés.  Un planning des tâches, même s’il peut paraitre exhaustif décline un cheminement approprié. De toute évidence, on peut dire : il est mesuré dans les différents secteurs essentiels qui relèvent pareillement d’une attention particulière. Son expression à ce propos s’articule dans une symbiose avérée, c’est-à-dire : professionnels et R.U se complètent pour structurer un débat non pas « dominant-dominé », mais un réel besoin de définir le tempo ajusté pour atteindre tous ensembles les propositions des améliorations définies. Au demeurant, force est de constater sur ce point que les apports et les expertises de la médiatrice non-médecin ainsi que de la responsable qualité, afin de permettre aux R.U de mieux cerner les subtilités des échanges, sont de réels apports pour une compréhension audible. Cette mise en commun des idées au-delà d’une convention factuelle exprime le désir de collaborer sur des projets avec en ligne de mire revisiter et améliorer si nécessaire le parcours de santé au sein de l’établissement, ainsi que de défendre les droits des personnes malades.

L’originalité de cette approche s’inscrit de toute évidence dans une confiance réciproque. Nous avons besoin, les uns et les autres d’ : entendre – apprécier – développer.

L’unique motif qui anime notre engagement peut se résumer de cette façon : mener des actions en faveur des patients et des usagers de santé. C’est sur ces bases sommairement relatées que les R.U souhaitent poursuivre la mission en toute équité.

 

 

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